Le CSAC hésite encore, l’AFDC tranche et interdit le relais des informations liées au FRN de Joseph Kabila, au nom du « patriotisme » et des « valeurs de paix »

Pendant que le régulateur des médias tergiverse, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) a pris les devants. Dans un communiqué officiel publié ce jeudi 15 octobre, la Coordination des communicateurs du parti interdit formellement à ses membres de relayer toute information, vidéo ou image émanant du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), le nouveau mouvement politico-militaire de Joseph Kabila.
Un régulateur encore indécis
Le président du CSAC, Christian Bosembe, a réagi le lundi 12 octobre à la création à Goma du FRN, présidé par Joseph Kabila. Il a rappelé que les groupes armés, qualifiés de « forces négatives », n’ont pas droit à la parole dans les médias congolais depuis le début de la guerre. Mais à la question de savoir si cette interdiction s’applique d’office au nouveau mouvement, il a estimé que le sujet devait encore être travaillé et mûri en plénière. Le régulateur envisage de convoquer une plénière extraordinaire pour statuer sur la conduite à tenir. Aucune décision n’est tombée à ce jour.
L’AFDC, elle, n’attend pas
Sans attendre, l’AFDC a fixé sa propre règle. Le communiqué interdit de partager, relayer ou commenter favorablement tout contenu du FRN dans l’ensemble de ses forums WhatsApp et autres plateformes. Il qualifie tout contenu contraire à la ligne officielle du parti d’atteinte à ses « valeurs de paix et de patriotisme ». Les administrateurs des forums doivent supprimer sans délai les publications concernées. Les contrevenants s’exposent à une interpellation par la Commission de discipline.
Dans la droite ligne de l’Autorité Morale
Cette mesure prolonge la déclaration politique du 13 octobre. Dans ce texte, l’AFDC et son Autorité Morale condamnaient la nouvelle forme de rébellion qui va de l’AFDL au FRN de l’ancien président Joseph Kabila. Le parti s’y disait convaincu qu’il n’y aura pas d’issue militaire à la guerre et que seul un dialogue sincère et inclusif, tel que préconisé par Félix Tshisekedi, ramènera une paix durable.
Le communiqué du 15 octobre le rappelle d’entrée : comme l’a réaffirmé le Professeur Modeste Bahati Lukwebo, l’AFDC reste derrière le Président de la République et lui témoigne un soutien indéfectible dans sa recherche de la paix.
En verrouillant ses propres canaux avant même que le régulateur ne se prononce, la deuxième force politique de l’Union sacrée envoie un signal clair : sur la question du FRN, il n’y aura ni ambiguïté ni complaisance dans ses rangs
