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RDC : Félix Tshisekedi appelé à revoir son casting avant la fin de son mandat.

Il est temps de nommer les choses sans détour : le problème majeur du pouvoir actuel en République démocratique du Congo n’est peut-être pas le Président Félix Tshisekedi lui-même, mais le casting qui l’entoure. Un entourage qui, au fil du temps, est passé du statut de soutien politique à celui de facteur de fragilisation de l’État.

Les cas sont désormais trop nombreux pour relever de la coïncidence. Claude Ibalanky n’est pas une exception. Il s’inscrit dans une longue liste de proches du pouvoir, Fortunat Biselele, Luc Gérard Nyafé, Vidiye Tshimanga, Martin Bilomba, entre autres, autour desquels gravitent de lourds soupçons : collaboration avec des services d’intelligence étrangers hostiles à la RDC, détournement de millions de dollars, abus d’influence et instrumentalisation de la proximité présidentielle comme bouclier d’impunité.

Ce qui, au départ, pouvait être perçu comme des erreurs humaines ou politiques ressemble aujourd’hui à un système dangereux pour la souveraineté nationale.

Dans le secteur sécuritaire, la situation frôle le scandale d’État. Des généraux auraient proposé au Chef de l’État des nominations internes au sein de l’armée non pas pour la renforcer, mais pour la fragiliser structurellement, facilitant ainsi l’avancée du Rwanda et de ses supplétifs sur une partie du territoire national. Quand la hiérarchie militaire devient un terrain de calculs obscurs, c’est la défense nationale qui s’effondre de l’intérieur.

Au sein du Gouvernement, le tableau n’est guère plus rassurant. Des ministres réputés proches du Président agissent comme s’ils étaient au-dessus des lois : détournements présumés des fonds publics, passation de marchés en violation des normes légales, confusion entre communication politique et action publique réelle, désordre administratif quasi permanent. L’État donne parfois l’image d’un navire sans cap, livré aux intérêts particuliers.

La bonne volonté du Président Tshisekedi n’est pas fondamentalement remise en cause. Mais l’histoire politique est implacable : la volonté seule ne gouverne pas. Mal entourée, elle devient une faiblesse. Gouverner, c’est choisir. Et persister dans de mauvais choix, c’est engager sa responsabilité historique.

Pour sauver son honneur politique et espérer inscrire son nom dans l’histoire congolaise autrement que par les crises, les guerres et les occasions manquées, le Président doit changer radicalement de casting et revisiter ses relations. L’amitié politique, qui a marqué le début de son pouvoir, a déjà montré ses limites et ses dégâts. Aujourd’hui, le problème n’est plus l’amitié : c’est la dangerosité du casting.

Une question fondamentale demeure : pourquoi confier les leviers stratégiques de l’État à des personnes qui ne connaissent ni les réalités profondes du pays, ni ses fractures historiques, ni ses urgences sécuritaires, mais qui deviennent pourtant hauts fonctionnaires et dignitaires de la République ?

À ce stade critique, le dialogue n’est plus une tactique politique. Il est une nécessité citoyenne. Et la refonte de l’entourage présidentiel n’est plus un choix personnel : c’est une urgence nationale.

Car l’histoire est sévère avec les dirigeants qui échouent seuls. Mais elle est impitoyable avec ceux qui savent… et refusent d’agir.

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