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Remaniement technique du gouvernement : quand les fretins rêvent d’avaler les baleines.

Dans les couloirs feutrés de la Présidence de la République démocratique du Congo, un murmure persistant gagne en intensité. À peine cinq mois après la mise en place du gouvernement Suminwa II, l’hypothèse d’un remaniement technique commence à s’imposer comme une quasi-certitude au sommet de l’État.

Selon une source interne, proche du cercle présidentiel, le Président Félix Tshisekedi envisagerait cette réorganisation pour, « corriger certaines failles constatées depuis le début de son second mandat ». Une phrase lourde de sens, qui en dit long sur le malaise latent au sein de l’exécutif.

L’agitation des coulisses

Depuis que l’information a fuité, les salons feutrés et quartiers généraux politiques se sont brusquement animés. Les calculs se font à voix basse, les alliances se renégocient dans l’ombre, et chacun cherche à comprendre comment s’imposer dans un gouvernement annoncé comme resserré, appelé à préparer un dialogue national encore en gestation.

Plus significatif encore : des partis politiques sans la moindre représentation parlementaire se sont mis en branle. Mille et une stratégies sont à l’étude pour forcer les portes d’un exécutif où les places seront rares et chèrement disputées. Une course contre la montre s’est engagée.

Pressions, intrigues et guerre de l’ombre

Nos sources concordent : plusieurs personnalités politiques multiplient appels, messages et visites officieuses. Les conseillers spéciaux du Chef de l’État seraient l’objet d’un harcèlement discret mais constant, chacun espérant infléchir les décisions présidentielles.

Tous les moyens semblent bons : instrumentalisation de l’opinion publique, manipulation médiatique, campagnes de dénigrement ciblées contre des ministres en place. Certains iraient jusqu’à souffler des informations négatives, parfois fabriquées, à l’oreille du Président.

« Ils savent que le Chef de l’État s’informe beaucoup via les réseaux sociaux. Alors ils s’en servent pour envoyer des messages codés ou se détruire mutuellement. Mais le Président maîtrise très bien ce jeu. Il est fatigué des incompétences, des effets d’annonce et des ministres plus visibles dans les médias que sur le terrain », confie notre source.

Union sacrée : ligne rouge à ne pas franchir

Contrairement aux rumeurs, le Président Tshisekedi ne nourrirait aucun projet de démantèlement de l’Union sacrée de la Nation. Bien au contraire.

« Il n’a aucun plaisir à créer des frustrations inutiles. Aller au dialogue national sans une Union sacrée solide derrière lui serait une erreur stratégique majeure. Nous lui avons conseillé de consolider les forces existantes, de rendre l’Union sacrée plus compacte encore que l’ancienne majorité de Joseph Kabila », poursuit notre interlocuteur.

Dans un contexte de guerre persistante à l’Est et de pressions régionales accrues, le Chef de l’État chercherait avant tout des hommes et des femmes solides, loyaux, compétents, capables de l’aider à redresser le pays.

Les équations impossibles

Mais certaines équations politiques donnent des maux de tête au sommet de l’État.

Au ministère de la Communication, une source évoque des réflexions avancées sur la gestion des poids lourds politiques. Le nom de Dany Banza circule comme potentiel remplaçant de Judith Suminwa, avec pour objectif stratégique la reconquête du Katanga. Problème : cette option entre en collision directe avec les équilibres du Sénat, où Sama Lukonde, son frère et allié politique, occupe la présidence.

D’autres scénarios sont à l’étude, notamment un possible retour de Modeste Bahati Lukwebo dans une position stratégique. Mais là encore, « le Chef réfléchit encore », nous dit-on.

Le cas Vital Kamerhe demeure tout aussi délicat. Des frustrations anciennes, des blessures politiques mal refermées. Même prudence concernant Bahati Lukwebo, qui, malgré tout, a su rester proche du Président sans jamais lui tourner le dos.

Quant à Jean-Pierre Bemba, son aura semble s’être sérieusement émoussée depuis la campagne de 2023. Dans son Équateur natal, des plans B ont émergé, fragilisant davantage son poids politique national.

Une décision historique en gestation

Une chose, cependant, semble claire : Félix Tshisekedi se voit avant tout comme le garant de l’Union sacrée. Être ou ne pas être au gouvernement importe peu à ses yeux, affirment nos sources. Ce qu’il veut, c’est laisser au Congo l’image d’un patriote, d’un dirigeant qui aura tenu tête aux menaces extérieures, notamment au Rwanda voisin.

Pour y parvenir, il devra composer avec tous, sans naïveté mais sans brutalité, et surtout éviter les frustrations inutiles susceptibles de fragiliser un pouvoir encore confronté à de multiples fronts.

Le dossier reste ouvert.
Nos investigations se poursuivent.
Et les prochains jours pourraient réserver des surprises.

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