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Union Sacrée : la marche initiée par Andrés Mbata tourne au fiasco et fragilise l’image de Félix Tshisekedi.

L’initiative du Secrétaire permanent de l’Union Sacrée de la Nation (USN), André Mbata, appelant à une marche pour exhorter les États-Unis à imposer le retrait des rebelles de l’AFC/M23 de l’Est de la République démocratique du Congo, s’est soldée par un échec politique retentissant. Loin de mobiliser les forces vives de la majorité présidentielle, cette action a mis en lumière des dissensions internes et un malaise institutionnel au sommet de la plateforme dirigée par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Annoncée comme une démonstration de pression diplomatique et populaire contre l’occupation persistante de certaines zones de l’Est du pays par l’AFC/M23 depuis près de quatre ans, la marche du 19 décembre 2025 n’a pourtant pas obtenu l’adhésion des principaux regroupements et leaders politiques de l’Union Sacrée. Plusieurs partis majeurs de la majorité comme l’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo qui est la deuxième force politique de la majorité et du pays, l’UDPS/Tshisekedi dans sa forme officielle, le MLC de Jean-Pierre Bemba ou encore l’UNC de Vital Kamerhe, ont brillé par leur absence, transformant cette mobilisation annoncée en un fiasco politique largement commenté sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques.

Au cœur des critiques figure la méthode employée par André Mbata. De nombreuses voix au sein même de l’Union Sacrée dénoncent une initiative prise en dehors de tout cadre institutionnel, sans consultation préalable du Présidium, organe stratégique de coordination politique de la plateforme présidentielle. Cette démarche unilatérale a été perçue comme une entorse grave aux usages et aux équilibres internes, fragilisant davantage la cohésion déjà éprouvée de la majorité.

Cette lecture est confirmée par la réaction ferme et sans ambiguïté d’Augustin Kabuya Tshilumba, Secrétaire général de l’UDPS/TSHISEKEDI, parti présidentiel, et membre du Présidium de l’Union Sacrée. Dans une mise au point solennelle, il a tenu à dissocier clairement cette marche de l’action et de l’image du Chef de l’État.

Augustin Kabuya a rappelé que ni lui, ni plusieurs autres membres du Présidium n’avaient été informés ou associés à l’organisation de cette marche, dont ils ont découvert l’existence via les réseaux sociaux. Une situation qu’il qualifie implicitement de dérive organisationnelle, incompatible avec le fonctionnement normal d’une plateforme au pouvoir.

Surtout, il a insisté sur le fait que cette activité n’engage en rien la Haute Autorité Politique de Référence, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ni l’Union Sacrée dans son ensemble. L’UDPS/TSHISEKEDI, a-t-il précisé, décline toute responsabilité quant aux résultats, aux interprétations ou aux conséquences de cette action, rappelant que lui seul est statutairement habilité à engager officiellement le parti.

Au-delà de l’échec logistique et mobilisateur, cette séquence politique envoie un signal préoccupant sur l’état de la discipline interne et de la coordination stratégique au sein de la majorité présidentielle. Dans un contexte sécuritaire extrêmement sensible, marqué par la persistance des violences dans l’Est du pays et par une intense activité diplomatique autour de la RDC, où la popularité ainsi que l’image du Président Félix Tshisekedi sont mis à l’épreuve, les initiatives non concertées et échouées apparaissent comme des facteurs de fragilisation plutôt que de renforcement de la position du pays.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre la nécessité pour l’Union Sacrée de resserrer ses mécanismes de décision, de clarifier les rôles et de restaurer une cohérence politique indispensable à l’efficacité de l’action gouvernementale et à la crédibilité du pouvoir en place.

En définitive, la marche du 19 décembre restera moins comme un acte de pression internationale que comme le révélateur d’une crise de méthode et de leadership au sein de la plateforme présidentielle, à un moment où l’unité et la rigueur politique sont plus que jamais requises.

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