Le Burundi a averti la communauté internationale du risque d’une extension régionale du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), appelant à des sanctions rapides et contraignantes contre le Rwanda pour prévenir une escalade sécuritaire dans la région des Grands Lacs.
Cette mise en garde a été formulée lors d’une réunion spéciale de l’Union européenne consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, au cours de laquelle le chef de la délégation burundaise a exhorté les partenaires européens à agir sans délai afin de contraindre Kigali à retirer ses troupes du territoire congolais et à cesser tout appui aux groupes armés actifs dans l’Est de la RDC depuis 1996.
Le représentant burundais a également rappelé les événements de 1994, estimant que leur négligence par la communauté internationale avait eu des conséquences dramatiques, notamment l’assassinat des présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda et Melchior Ndadaye du Burundi, survenu avant le génocide rwandais.
« Le Burundi soutient fermement le respect de la coexistence pacifique, la souveraineté et l’indépendance des Nations et rejette catégoriquement les guerres par procuration. C’est dommage que l’Est de la RDC ait toujours été victime des crises répétitives alimentées par des intérêts étrangers qui sont préparés au Rwanda », a déclaré l’Ambassadeur Ntahiraja, représentant burundais.
Sanctions proposées
Selon la délégation burundaise, la communauté internationale devrait exiger le respect strict de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des accords signés à Washington et à Doha. Parmi les mesures proposées figurent le retrait immédiat des troupes rwandaises de la RDC, la suspension de toute aide directe et non humanitaire au Rwanda, un embargo sur les armes, ainsi que des sanctions économiques et diplomatiques ciblées.
Le Burundi a également plaidé pour des sanctions visant les circuits financiers et commerciaux liés à l’exploitation des ressources naturelles congolaises, la relance du rapport Mapping des Nations unies et la mise en œuvre de ses recommandations, ainsi que la création d’un tribunal spécial international chargé de juger les crimes commis en RDC depuis 1996.
Bujumbura a par ailleurs appelé à un renforcement du soutien financier et militaire à l’État congolais, ainsi qu’à une intensification de l’aide humanitaire en faveur des populations civiles et des réfugiés congolais présents sur le sol burundais.
Tensions frontalières
Lors de la même intervention, le Burundi a fait état de deux bombes lancées depuis le Rwanda le 4 décembre 2025, tombées dans la province burundaise de Cibitoke, des faits qualifiés de provocation directe.
La délégation burundaise a demandé que le Parlement européen adopte une résolution intégrant ces propositions et toute autre mesure jugée efficace par l’Union européenne afin de « neutraliser les agresseurs de la RDC et du Burundi ».










