Home / Diplomatie / RDC – Diplomatie : Arsène Zagabe salue la lucidité géopolitique du Président Tshisekedi après sa main tendue à Paul Kagame

RDC – Diplomatie : Arsène Zagabe salue la lucidité géopolitique du Président Tshisekedi après sa main tendue à Paul Kagame

La main tendue du Président Tshisekedi n’était ni un signe de faiblesse ni un acte d’amnésie de ses propres déclarations de campagne électorale.

En marge du forum Europe-Afrique dénommé «Global Gateway» tenu à Bruxelles le 09 et 10 octobre 2025 sur la coopération économique, le geste du Président Félix Tshisekedi envers son homologue Rwandais Paul Kagame a suscité de vives réactions. Pour Arsène Zagabe, analyste politique et Membre de l’AFDC, ce n’était ni une erreur politique ni une faiblesse diplomatique, mais une démonstration stratégique et patriotique.

L’éditorialiste et analyste politique congolais Arsène Zagabe, membre du regroupement politique AFDC, estime que le geste du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo envers son homologue rwandais Paul Kagame, lors de la récente rencontre sur la coopération économique Europe-Afrique, traduit une lecture « lucide et stratégique » de la géopolitique actuelle.

« Je ne condamne nullement le Président de la République, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour avoir tendu la main à son homologue rwandais, Paul Kagame, lors de la récente rencontre consacrée à la coopération économique Europe-Afrique. Bien au contraire, ce geste traduit une lecture lucide et stratégique de la géopolitique actuelle », déclare Arsène Zagabe.

« Le Chef de l’État congolais sait pertinemment qu’aucune coopération économique crédible entre l’Europe et l’Afrique ne saurait prospérer sans la paix en Afrique centrale. Or, la République Démocratique du Congo, cœur géostratégique du continent et dépositaire d’une part considérable des ressources naturelles recherchées par le monde, en demeure la clé », poursuit-il.

L’analyste rappelle que le contexte mondial actuel, marqué par la rivalité entre grandes puissances, Europe, États-Unis, Chine et Russie, pousse l’Union européenne à renforcer ses liens avec l’Afrique, non par philanthropie, mais par nécessité stratégique. Cependant, prévient-il, cette coopération ne peut se construire sur un terrain instable.

« Si l’Europe ambitionne d’accéder durablement aux minerais critiques indispensables à sa transition énergétique et technologique, elle doit comprendre que ces ressources proviennent en grande partie de l’Est de la RDC, une région meurtrie par des décennies d’agressions et de conflits alimentés par des intérêts extérieurs. Dans ce cadre, la paix dans cette zone n’est pas un luxe diplomatique, mais une condition incontournable pour toute coopération équitable et durable. »

Selon Arsène Zagabe, le message du Président Tshisekedi à Bruxelles était limpide : « Pas de deal sans la paix. »

« En tendant la main à celui qui incarne, aux yeux de nombreux observateurs, la déstabilisation persistante de l’Est congolais, le Chef de l’État n’a pas fait preuve de faiblesse, mais de hauteur d’esprit et d’intelligence stratégique. Il a déplacé le centre du débat : désormais, toute discussion économique avec l’Afrique devra d’abord intégrer la question de la paix et de la souveraineté des nations africaines », insiste-t-il.

Face aux critiques, l’éditorialiste invite à la réflexion plutôt qu’à la réaction :

« Certains esprits superficiels, souvent animés par des réflexes politiciens, ont voulu voir dans ce geste un signe d’affaiblissement ou de naïveté. Or, la véritable faiblesse serait de refuser de comprendre la portée diplomatique d’un acte qui repositionne le Congo au cœur des enjeux internationaux », explique-t-il.

« D’ailleurs, les réactions de plusieurs pays Européens au début de l’agression que la RDC connait aujourd’hui, condamnant le soutien du Rwanda au M23 et réaffirmant leur attachement à la stabilité régionale, devrait témoigner de l’efficacité du message du Président congolais. Félix Tshisekedi a réussi, par la parole, à transformer un espace de dialogue économique en tribune pour la souveraineté africaine. »

Arsène Zagabe invite également l’opposition congolaise à dépasser les clivages politiques pour privilégier une lecture patriotique des événements :

« Être dans l’opposition ne signifie pas s’opposer systématiquement à tout ce qui vient du pouvoir. Dans un contexte où la RDC se bat pour sa survie territoriale, la paix et la défense des intérêts nationaux devraient transcender les divergences politiques », souligne-t-il.

« La main tendue du Président Tshisekedi n’était ni un signe de faiblesse ni un acte d’amnésie de ses propres déclarations de campagne électorale ni de discours politique passés, mais une exigence diplomatique qui n’est pas du tout nouvelle dans les différents front qu’il a initié. Félix Tshisekedi a toujours rappelé à l’Europe que la coopération économique ne peut s’enraciner dans un terreau de guerre. C’est ce qu’il a fait, cette fois en face des dirigeants Européens et Africains réunis.

Enfin, l’analyste conclut sur la cohérence du Chef de l’État dans sa démarche :

« Avant Bruxelles, Félix Tshisekedi avait déjà porté le même message à New York, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, et d’ailleurs à Rome, il avait adressé ce message aux dirigeants américains : la paix demeure la condition sine qua non d’un développement durable, d’une gouvernance responsable et d’une coopération équilibrée », rappelle Arsène Zagabe.

« Réitérer cette vérité devant l’Europe, qui a longtemps profité de l’instabilité congolaise, n’est pas un hasard mais une stratégie. La RDC ne réclame ni pitié ni assistanat, elle exige simplement le respect de sa souveraineté et de sa dignité. Car sans la paix, aucun développement, qu’il soit économique, sanitaire, éducatif ou environnemental, n’est possible. »

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!