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	<title>TikTok Archives -</title>
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		<title>Régulation de Tiktok en rdc : « la souveraineté numérique ne consiste pas nécessairement à fermer les plateformes étrangères lorsqu’une crise survient. Elle suppose plutôt que l’État soit suffisamment organisé »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jael]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Aug 2026 15:11:50 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Arsène Zagabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face aux dérives observées sur les réseaux sociaux, entre atteintes aux bonnes mœurs, injures, diffamation, discours de haine et contenus susceptibles d’alimenter la violence, la tentation d’une réponse radicale refait régulièrement surface en République démocratique du Congo. Mais pour Arsène Zagabe, expert en communication numérique et analyste des systèmes d’information, suspendre TikTok ou sanctionner indistinctement</p>
<p>The post <a href="https://kinshasadirect.net/2026/08/09/regulation-de-tiktok-en-rdc-la-souverainete-numerique-ne-consiste-pas-necessairement-a-fermer-les-plateformes-etrangeres-lorsquune-crise-survient-elle-suppose-plutot-que-le/">Régulation de Tiktok en rdc : « la souveraineté numérique ne consiste pas nécessairement à fermer les plateformes étrangères lorsqu’une crise survient. Elle suppose plutôt que l’État soit suffisamment organisé »</a> appeared first on <a href="https://kinshasadirect.net"></a>.</p>
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<p><strong>Face aux dérives observées sur les réseaux sociaux, entre atteintes aux bonnes mœurs, injures, diffamation, discours de haine et contenus susceptibles d’alimenter la violence, la tentation d’une réponse radicale refait régulièrement surface en République démocratique du Congo. Mais pour Arsène Zagabe, expert en communication numérique et analyste des systèmes d’information, suspendre TikTok ou sanctionner indistinctement ses utilisateurs, que cela soit contre le gouvernement ou le Président de la République, serait une réponse disproportionnée à un problème qui exige avant tout des solutions techniques et réglementaires.</strong></p>



<p>Selon lui, la fermeture d’une plateforme ne ferait que déplacer le problème. Les contenus répréhensibles diffusés sur TikTok peuvent tout aussi bien circuler sur Facebook, Instagram, X, Telegram ou d’autres espaces numériques. Dès lors, concentrer la réponse publique sur une plateforme reviendrait à traiter le canal plutôt que le phénomène.</p>



<p>« Si l’on veut éviter la propagation des antivaleurs sur TikTok en fermant le réseau, il faudra alors fermer tous les autres, puisque les mêmes dérives peuvent s’y retrouver. La solution, avant d’être morale, est aussi technique », estime Arsène Zagabe.</p>



<p>Cette approche pose également la question de la liberté d’expression. Une restriction générale frappant des millions d’utilisateurs en raison des comportements illicites ou répréhensibles d’une partie d’entre eux pourrait avoir des conséquences allant bien au-delà de l’objectif recherché. Pour Arsène Zagabe, l’État doit pouvoir sanctionner les infractions sans transformer la régulation du numérique en restriction généralisée de l’accès aux plateformes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">TikTok, une vitrine économique pour la jeunesse</h3>



<p>L’enjeu n’est d’ailleurs pas uniquement juridique ou politique. TikTok est devenu, pour une partie de la jeunesse congolaise, un véritable outil de promotion économique.</p>



<p>Commerçants, artisans, artistes, créateurs de contenu, prestataires de services et petites entreprises y présentent leurs produits, construisent leur clientèle et développent leur visibilité à moindre coût. Dans un environnement où de nombreuses PME éprouvent encore des difficultés à accéder au financement, à la publicité traditionnelle et aux dispositifs institutionnels d’accompagnement, les réseaux sociaux constituent parfois leur principale vitrine commerciale.</p>



<p>Suspendre une plateforme entière en raison des abus commis par certains utilisateurs reviendrait ainsi à pénaliser également ceux qui l’utilisent légalement pour travailler, entreprendre et promouvoir leurs talents.</p>



<p>Pour Arsène Zagabe, c’est précisément cette dimension que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) et le Gouvernement devraient intégrer dans toute réflexion sur la régulation des plateformes numériques. Il ne s’agit pas de laisser prospérer les dérives, mais de construire une réponse capable de protéger simultanément l’ordre public, les bonnes mœurs, les libertés fondamentales et l’économie numérique émergente.</p>



<h3 class="wp-block-heading">S’inspirer de la régulation européenne</h3>



<p>L’Union européenne offre, à cet égard, une piste intéressante avec le <strong>Digital Services Act (DSA)</strong>. Plutôt que de reposer principalement sur l’interdiction générale des plateformes, ce dispositif impose notamment aux grands acteurs numériques des obligations en matière de transparence, de gestion des risques systémiques et de modération des contenus illicites.</p>



<p>La RDC pourrait s’inspirer de cette philosophie en l’adaptant à ses propres réalités.</p>



<p>L’une des priorités serait d’engager un dialogue institutionnel avec TikTok et les autres grandes plateformes afin d’améliorer leurs mécanismes de détection et de traitement des contenus manifestement illicites. Une attention particulière devrait également être accordée aux réalités linguistiques congolaises. La capacité des systèmes de modération à comprendre le lingala, le swahili, le tshiluba, le kikongo et leurs différents usages locaux constitue un enjeu majeur lorsqu’il s’agit d’identifier des insultes, des menaces, des appels à la violence ou d’autres contenus problématiques.</p>



<p>La mise en place de canaux de coopération entre les autorités congolaises compétentes et les plateformes permettrait également de traiter plus rapidement les contenus faisant l’objet de signalements, dans le respect de procédures légales clairement définies.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Construire une véritable souveraineté numérique</h3>



<p>Derrière le débat sur TikTok se dessine finalement une question beaucoup plus large : celle de la capacité de la République démocratique du Congo à définir et faire respecter ses propres règles dans l’espace numérique.</p>



<p>Pour Arsène Zagabe, la souveraineté numérique ne consiste pas nécessairement à fermer les plateformes étrangères lorsqu’une crise survient. Elle suppose plutôt que l’État soit suffisamment organisé juridiquement, institutionnellement et techniquement pour dialoguer avec elles, leur imposer le respect de la législation nationale et protéger efficacement ses citoyens.</p>



<p>Le défi consiste donc à passer d’une logique de réaction à une véritable politique publique du numérique. Cela implique de responsabiliser les plateformes, d’améliorer les mécanismes de signalement, de renforcer l’éducation numérique des citoyens et de sanctionner, conformément à la loi, les auteurs d’infractions clairement établies.</p>



<p>La RDC dispose déjà d’un cadre juridique relatif au numérique. L’enjeu est désormais d’en renforcer l’application et d’organiser une coopération efficace entre les institutions publiques, les régulateurs et les grandes plateformes technologiques. En revanche, Arsène Zagabe pose au CSAC la question de savoir si il détient l&rsquo;expertise technique en la matière.</p>



<p>Car fermer TikTok aujourd’hui ne ferait pas disparaître les dérives du numérique demain. Elles se déplaceraient probablement vers d’autres espaces.</p>



<p>Le véritable choix n’est donc pas entre <strong>laisser-faire et interdire</strong>, mais entre subir l’écosystème numérique ou apprendre à le réguler. Pour Arsène Zagabe, c’est dans cette seconde voie que devrait s’inscrire l’action du CSAC et du Gouvernement : <strong>protéger les bonnes mœurs, sanctionner la propagande terroriste et rebelle sans étouffer la liberté d’expression, combattre les abus sans pénaliser l’innovation et faire de la régulation numérique un instrument de souveraineté plutôt qu’un mécanisme de censure.</strong></p>
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