Kinshasa, le 16 juillet 2025.
Alors que le climat politique en République Démocratique du Congo se tend à nouveau en coulisses, un nom revient avec insistance dans les arcanes du pouvoir : Vital KAMERHE, président de l’Assemblée nationale et allié historique de Félix TSHISEKEDI. Un allié qui semble désormais jouer sa propre partition, au risque de fracturer l’équilibre fragile de l’Union sacrée. À Kinshasa comme dans certaines chancelleries, on évoque une stratégie de terre brûlée, dont les effets pourraient s’avérer dévastateurs pour la stabilité du régime en place.
D’un pacte scellé à une ambition assumée
La rupture est d’autant plus marquante qu’elle survient entre deux hommes liés par un pacte politique remontant à l’élection présidentielle de 2018. En soutenant la candidature de Tshisekedi, Vital Kamerhe avait scellé une alliance stratégique, qui lui avait valu le poste influent de directeur de cabinet, puis un retour remarqué sur la scène politique en tant que patron du perchoir. Mais depuis plusieurs mois, des signaux d’alerte laissent entrevoir une profonde fissure entre les deux hommes.
Kamerhe multiplie les sorties publiques ambigües, souffle le chaud et le froid, critique subtilement certaines orientations du gouvernement et, surtout, mobilise discrètement ses réseaux politiques, diplomatiques et médiatiques à l’extérieur du pays, comme en témoigne son récent séjour à Paris. Un déplacement accompagné de fastes et de symboles, interprété comme un ralliement stratégique à une nouvelle posture : celle de l’alternative crédible au pouvoir actuel.
Une opposition interne qui s’assume
Ce qui frappe dans cette recomposition silencieuse, c’est la manière méthodique avec laquelle Kamerhe semble vouloir affaiblir de l’intérieur le socle du régime Tshisekedi. D’abord en neutralisant ses propres adversaires au sein de l’Assemblée nationale, ensuite en instrumentalisant les dossiers sensibles comme la révision constitutionnelle, les nominations dans les entreprises publiques, ou encore les négociations régionales comme les pourparlers de Doha.
Des sources parlementaires évoquent un blocage volontaire de certaines réformes prioritaires, un travail de sape dans les commissions et un double langage permanent : en public, le respect du chef de l’État est affiché ; en privé, c’est une autre musique qui se joue. L’objectif semble clair : épuiser politiquement Tshisekedi pour le contraindre à une sortie négociée du jeu présidentiel en 2028.
Un jeu à hauts risques
À Paris, où Kamerhe a été reçu récemment avec des égards rarement accordés à un président de chambre parlementaire, l’on voit en lui un levier utile pour réinsérer la France dans une région des Grands Lacs qui lui échappe de plus en plus. Un rôle que Kamerhe semble accepter, quitte à servir de vecteur de contournement des dynamiques diplomatiques récentes, notamment celles menées par les États-Unis et le Qatar dans le cadre de l’accord du 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda.
Mais cette manœuvre est risquée. Car en jouant contre son propre camp, Kamerhe prend le pari de tout faire flamber, quitte à compromettre la stabilité politique du pays à court terme. Une stratégie de terre brûlée qui pourrait certes le repositionner dans la course à la magistrature suprême, mais qui affaiblit dangereusement la cohésion nationale dans un contexte régional explosif.
Une transition douce compromise ?
Alors que la communauté internationale observe avec prudence les évolutions à Kinshasa, une question persiste : le président Tshisekedi peut-il encore faire confiance à Kamerhe ? La réponse pourrait bien déterminer l’issue du second quinquennat présidentiel, voire le visage politique de la RDC au lendemain de 2028.
Si Kamerhe pousse trop loin sa logique de rupture, il pourrait bien se retrouver seul dans une arène qu’il aura lui-même incendiée.
Patrick Mansiala










4 Commentaires
Ce monsieur est toujours dans des combines contre le Chef de l’Etat.
Vital Kamerhe est le mal incarné de notre pays. Il mérite la prison à vie. Hypocrite. Il faut que tous les congolais réclament son départ de l’assemblée nationale. Il ne mérite pas là bas.
Pourquoi ?
Ce monsieur est toujours dans des combines. VK n’a jamais été sincère avec le Chef de l’Etat. Jamais.