Le président national statutaire de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), Modeste Bahati Lukwebo, hausse le ton face aux tensions qui secouent son parti. Dans un message adressé à Mandungu Bula, présenté comme conseiller privé du Chef de l’État, il l’accuse ouvertement d’œuvrer à son affaiblissement et à la perte du contrôle de l’AFDC au profit de cadres en rupture avec la direction du parti.
La crise qui secoue l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo prend une nouvelle tournure. Modeste Bahati Lukwebo affirme être informé des manœuvres qui, selon lui, seraient entreprises contre sa personne et son leadership à la tête de cette formation politique.
« Je suis régulièrement au courant de tout ce que vous faites pour me nuire et m’arracher mon parti politique, l’AFDC », déclare-t-il à l’endroit de Mandungu Bula, dans des propos relayés sur X.
Le professeur Bahati évoque également les relations qu’il entretenait avec le père de son interlocuteur et dit regretter la dégradation actuelle des rapports : « Je ne pouvais pas m’imaginer que de bonnes relations que j’entretenais avec votre feu père, un de ses descendants y grefferait un hiatus », déplore-t-il.
« L’AFDC à Bahati »
Pour défendre sa légitimité, l’ancien président du Sénat revient sur les sacrifices consentis depuis la création et l’implantation de l’AFDC. Il affirme avoir « beaucoup souffert et consenti d’énormes sacrifices intellectuels, logistiques, matériels et financiers » pour construire le parti.
Modeste Bahati établit ensuite une comparaison avec plusieurs grandes formations politiques congolaises pour souligner le lien historique entre leurs dirigeants et leurs partis.
« Même si aujourd’hui on ne tient plus compte de l’apport de chaque parti politique, l’opinion retiendra que l’UDPS est à Tshisekedi, le MLC à Bemba, l’UNC à Kamerhe, l’AFDC à Bahati… », soutient-il.
Pour le président national statutaire de l’AFDC, les cadres actuellement en fronde contre sa direction ne peuvent donc pas revendiquer la propriété politique de cette formation.
Il demande ainsi à Mandungu Bula « d’aider plutôt les frondeurs Otto Bahizi, Munyomo et consorts […] à créer leur propre parti politique », plutôt que de chercher, selon ses accusations, à leur permettre de prendre le contrôle de l’AFDC.
Une bataille autour de la légitimité du parti
Bahati Lukwebo insiste également sur le nombre de personnes ayant participé à la fondation de l’AFDC. Selon lui, quelques dissidents ne sauraient remettre en cause les droits de l’ensemble des fondateurs.
« 4 individus, déjà exclus conformément aux textes, ne peuvent s’accaparer d’un patrimoine de 450 fondateurs », affirme-t-il.
Le ton devient particulièrement ferme lorsqu’il évoque sa détermination à défendre le parti : « Je résisterai jusqu’à la dernière goutte de mon sang… »
Cette sortie intervient dans un contexte de profondes divergences internes autour de la direction et du contrôle de l’AFDC. Elle révèle surtout que le bras de fer dépasse désormais les seules instances internes du parti, Modeste Bahati mettant directement en cause une personnalité présentée comme appartenant à l’entourage du Chef de l’État.
Il faudra retenir que, l’AFDC, a été initié en 2010 par le Sénateur Modeste Bahati Lukwebo. Ce qui se passe reste purement dans un cadre politique que l’avenir pourra éclaircir.









