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Washington convoque Tshisekedi et Kagame : un sommet décisif pour tenter de sceller la paix

Le Rwanda est prêt

À l’initiative de Washington, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame sont attendus le 4 décembre prochain aux États-Unis pour un sommet annoncé comme l’un des plus cruciaux de ces dernières années dans la crise sécuritaire de l’est de la République démocratique du Congo. Après des mois de blocage diplomatique et alors que le M23 maintient encore ses positions dans le Nord-Kivu, les États-Unis espèrent arracher aux deux dirigeants un engagement clair en faveur d’un apaisement durable.

Une rencontre organisée sous forte pression internationale

Selon plusieurs sources diplomatiques, la Maison-Blanche pousse ouvertement pour que les deux chefs d’État s’assoient autour d’une même table, malgré un climat de méfiance rarement observé depuis la rupture des relations bilatérales en 2021. Kinshasa continue d’accuser Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda rejette catégoriquement ces allégations.

Le déplacement annoncé des deux présidents est perçu comme un tournant, mais aussi comme un moment politiquement risqué pour le président Tshisekedi, attendu par son opinion publique sur une ligne de fermeté absolue tant que les rebelles contrôlent Bunagana, Rutshuru ou encore Kiwanja. Plusieurs spécialistes estiment que le président congolais devra obtenir des garanties solides, notamment un retrait vérifiable du M23, pour défendre la pertinence de sa présence à Washington.

Kagame réagit : “Le Rwanda est prêt”

Dans une déclaration relayée par Kigali à quelques jours du sommet, Paul Kagame a tenu à afficher sa disponibilité au dialogue :

« Nous espérons toujours nous rencontrer ! Nos médiateurs ont l’intention de faire avancer les choses… et il ne s’agit pas d’un simple voyage à Washington… il s’agit de trouver des solutions durables pour la paix dans notre région ! Le Rwanda est prêt. »

Cette sortie, interprétée comme un signal d’ouverture, contraste avec la froideur diplomatique des derniers mois et pourrait marquer une volonté du Rwanda de reprendre la voie des négociations directes sous supervision américaine.

Un contexte explosif dans l’Est

Sur le terrain, la situation reste critique. Des centaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des conditions alarmantes autour de Goma. Le M23 poursuit l’occupation de plusieurs localités stratégiques, tandis que les forces armées congolaises peinent à contenir l’avancée rebelle malgré l’appui de contingents partenaires.
Pour beaucoup d’analystes, toute démarche diplomatique sera perçue comme vaine si elle n’est accompagnée de mesures concrètes et immédiatement observables sur le terrain.

Une paix possible ou une illusion diplomatique ?

À Washington, les États-Unis veulent obtenir davantage qu’une poignée de main symbolique. Les attentes portent sur un engagement écrit, assorti d’un calendrier précis, pour permettre : la cessation des hostilités, la réduction des tensions militaires à la frontière, un mécanisme de vérification indépendant, et le retrait progressif des forces étrangères.

Le 4 décembre pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase du long processus de pacification de l’Est, ou, au contraire, révéler l’ampleur du fossé qui sépare encore Kinshasa et Kigali.

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