Hong Kong, 27 novembre 2025 — Un violent incendie survenu mercredi dans plusieurs immeubles d’un vaste complexe résidentiel du district de Tai Po, au nord de Hong Kong, a causé la mort d’au moins treize personnes, selon les autorités locales. Le drame, visible à plusieurs kilomètres à la ronde, a plongé la ville dans la consternation et relancé de vifs débats sur les normes de sécurité dans la construction.
Un incendie spectaculaire et difficile à maîtriser
Le feu s’est déclaré en milieu d’après-midi dans un ensemble de tours de 31 étages abritant près de 2 000 appartements, avant de se propager rapidement sur les façades. À la tombée de la nuit, les pompiers continuaient de lutter contre les flammes, tandis qu’une épaisse fumée noire enveloppait le quartier.
Des centaines de résidents ont été évacués en urgence. Plusieurs témoignages décrivent des scènes de panique : des familles bloquées dans les escaliers, d’autres réfugiées sur les balcons dans l’espoir d’être secourues. Les autorités craignent que le bilan ne s’alourdisse, certains habitants étant toujours portés disparus.

Le rôle controversé des échafaudages en bambou
Selon les premiers éléments de l’enquête, la propagation rapide du feu serait liée à la présence d’échafaudages en bambou fixés sur les façades des immeubles en rénovation. Ce matériau, très inflammable, aurait servi de véritable « pont » entre les bâtiments, permettant au feu de grimper et de se déplacer à grande vitesse.
Hong Kong est l’un des derniers territoires au monde à utiliser massivement le bambou dans la construction. Cette technique, héritée d’un savoir-faire traditionnel, est prisée pour sa flexibilité et son faible coût. Mais plusieurs experts appellent désormais à une révision urgente de ces pratiques, face aux risques élevés d’incendie et d’effondrement.
Une transition sécuritaire encore trop lente
Bien que les autorités aient annoncé ces dernières années une transition progressive vers des échafaudages métalliques, le secteur privé continue largement d’utiliser le bambou, notamment dans les chantiers de rénovation d’immeubles anciens. Le drame de Tai Po vient rappeler la vulnérabilité de nombreux complexes résidentiels, souvent densément peuplés et peu modernisés.
Des ingénieurs en sécurité incendie soulignent que la protection des façades, la qualité des matériaux et la maintenance des systèmes anti-feu demeurent insuffisantes dans certains quartiers populaires.
Émotion et interrogations dans la population
L’incendie a provoqué une onde de choc parmi les Hongkongais. De nombreux habitants dénoncent un manque de vigilance des promoteurs et des autorités, tandis que les appels à une enquête indépendante se multiplient.
« Voir un immeuble de cette taille brûler ainsi est traumatisant. On se demande si cela aurait pu être évité », confie un résident interrogé sur place.
Le gouvernement local, de son côté, a garanti que toute la lumière serait faite sur les causes exactes du sinistre et sur le respect des normes de sécurité par l’entreprise responsable de la rénovation.
Vers une réforme du secteur de la construction ?
Alors que les opérations de secours se poursuivent, l’incendie de Tai Po pourrait marquer un tournant dans la politique de construction à Hong Kong. Les autorités seront probablement contraintes d’accélérer l’abandon des échafaudages en bambou, tout en renforçant les contrôles sur les bâtiments anciens.
Pour une ville à la densité urbaine parmi les plus élevées au monde, assurer la sécurité des résidents apparaît désormais comme une priorité urgente.










