La tempête s’abat sur le bureau de l’Assemblée nationale et, en première ligne, son président Vital Kamerhe. La pétition lancée pour sa destitution et celle de ses collègues met en lumière ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps : une gestion chaotique, un manque de vision et une incapacité à maintenir la cohésion au sein de la chambre basse du Parlement.
Au lieu de préparer des réponses claires et crédibles aux accusations qui lui sont adressées, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), parti de Vital Kamerhe, s’est engouffrée dans une fuite en avant. Ses cadres et relais s’illustrent par des injures, des menaces et des accusations gratuites, allant jusqu’à s’en prendre au deuxième vice-président du Sénat, pourtant totalement en dehors de cette compétition institutionnelle. Une stratégie jugée ridicule et révélatrice d’un désarroi profond.
Le cas de Mwangaza Claudine, proche collaboratrice du président de l’Assemblée, en est la parfaite illustration. Dans une vidéo devenue virale, elle s’attaque violemment aux députés nationaux, les traitant de corrompus manipulés, et accuse un haut responsable du Sénat d’être lié au M23 et d’acheter des voix. Ce dérapage, commis dans l’enceinte même du Parlement, est dénoncé comme une profanation de l’institution et un signe clair du désordre qui règne autour du président Kamerhe.
Pour ses détracteurs, cette agitation prouve une chose : Vital Kamerhe n’a plus d’arguments. Lui qui a longtemps présenté l’image d’un stratège politique aguerri semble désormais dépassé, réduit à laisser son entourage insulter, menacer et accuser tout le monde à sa place. Loin de défendre son bilan, ses partisans l’enfoncent, donnant l’image d’un président accroché à son fauteuil mais incapable de répondre sur le fond.
« Si les députés ne peuvent même plus initier une pétition sans être traités de corrompus, comment porteront-ils la voix du peuple ? » s’interrogent plusieurs élus. Le rappel du scandale du projet « 100 jours » vient encore alourdir l’atmosphère : autrefois accusé puis acquitté, Kamerhe n’a visiblement tiré aucune leçon de ce passé judiciaire qui continue de hanter sa carrière politique.
À l’évidence, l’UNC et son chef semblent avoir choisi l’attaque tous azimuts pour masquer un échec cuisant. Mais à mesure que la pétition gagne en signatures, la stratégie de diversion ne fait qu’accentuer l’impression d’un président de l’Assemblée nationale fragilisé, isolé et sur le point de céder son fauteuil.










