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Démissions de Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo : des voix se lèvent contre la « dictature » et l’appel à la cohésion des Kivutiens

La scène politique en République démocratique du Congo est marquée par une montée de tensions, particulièrement au Sud-Kivu, à la suite des démissions successives de Vital Kamerhe et du sénateur Modeste Bahati Lukwebo. Ces départs, loin d’être perçus comme de simples actes politiques, alimentent un débat national sur la gouvernance, la démocratie et la cohésion sociale.

Des démissions au cœur de la controverse

Plusieurs observateurs estiment que ces démissions s’inscrivent dans un climat de pressions politiques croissantes, notamment autour de la question sensible d’un éventuel changement de la Constitution. Dans ce contexte, certaines voix critiques dénoncent une dérive autoritaire au sommet de l’État.

Dans une tribune remarquée, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a vivement interpellé la classe politique, pointant du doigt une « inversion des rôles » dans le fonctionnement institutionnel. Selon lui, les représentants du peuple, censés contrôler l’exécutif, se retrouvent désormais contraints de se soumettre à celui-ci.

Il déplore également le manque de fermeté de certains responsables politiques, estimant que leur recours à la clémence du pouvoir affaiblit leur crédibilité et envoie un signal négatif à la jeunesse congolaise. « Un bon citoyen peut mourir, mais il ne pourrit pas », rappelle-t-il, en appelant à la dignité et au courage politique.

Kabila charge le régime en place

De son côté, l’ancien président Joseph Kabila n’a pas manqué de critiquer la gestion actuelle du pays. Dans un entretien accordé à la presse internationale, il accuse ouvertement le pouvoir de Félix Tshisekedi de dérives institutionnelles, évoquant une volonté de s’accrocher au pouvoir au détriment du respect de la Constitution.

Joseph Kabila appelle à un changement profond du système politique, dénonçant ce qu’il qualifie de « gouvernance clanique » et appelant les Congolais à se mobiliser pour défendre les principes démocratiques.

Au Sud-Kivu, un appel urgent à la cohésion

Face à ces tensions, des initiatives locales émergent pour éviter une fracture politique et sociale. Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa le 23 mars 2026, l’honorable Lutala Mutiki Trésor, initiateur de la campagne pour la cohésion sociale au Sud-Kivu, a lancé un appel pressant à l’unité des leaders de la province.

Il met en garde contre les conséquences des divisions internes dans une région déjà fragilisée par une situation sécuritaire préoccupante. Selon lui, les rivalités politiques risquent d’affaiblir davantage le tissu social, de compromettre les efforts de stabilisation et d’ouvrir la voie aux forces de déstabilisation.

« L’heure n’est pas aux querelles de positionnement politique, mais à l’unité, à la responsabilité et à la solidarité », insiste-t-il, appelant les leaders à privilégier le dialogue et la concertation.

La jeunesse en première ligne

Dans cette dynamique, la jeunesse du Sud-Kivu entend jouer un rôle actif. Refusant de rester spectatrice, elle réaffirme son engagement en faveur du vivre-ensemble, du dialogue intergénérationnel et du soutien aux initiatives visant la paix et la stabilité.

L’appel lancé inclut également une demande d’implication des instances de l’Union sacrée, des institutions nationales et des notables locaux afin de favoriser une médiation inclusive et apaiser les tensions.

Entre dénonciation politique et impératif d’unité

Ainsi, entre les critiques acerbes de figures nationales comme Denis Mukwege et Joseph Kabila, et les appels à la cohésion portés par des acteurs locaux, la situation actuelle reflète un double mouvement : une contestation croissante du pouvoir central et une volonté, au niveau provincial, de préserver l’unité face aux défis sécuritaires.

Dans un contexte aussi fragile, la question demeure : la classe politique congolaise saura-t-elle concilier divergences politiques et impératif de cohésion nationale ?

Une chose est certaine : au Sud-Kivu comme à l’échelle nationale, l’enjeu dépasse désormais les rivalités individuelles pour toucher aux fondements mêmes de la stabilité et de la démocratie.

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