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RDC : Bahati Lukwebo dénonce une « cabale » autour du dossier BRALIMA et réaffirme sa ligne politique

C’est d’abord pour défendre son honneur que l’Honorable Professeur Bahati Lukwebo Modeste, 2ᵉ Vice-Président du Sénat de la République Démocratique du Congo, a convoqué la presse, ce mercredi 04 mars 2026 en la salle Perpetue du siège de son parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo, AFDC à Kinshasa.

Au centre de sa déclaration : une dénonciation ferme d’un « montage politique » autour du dossier BRALIMA Bukavu. Pour le sénateur, son nom a été instrumentalisé dans une opération qu’il qualifie de manœuvre de déstabilisation.

BRALIMA Bukavu : « des allégations fausses et infondées »

Au cœur de la polémique figure un rapport envoyé à la présidence attribué à la direction de BRALIMA, l’associant à une opération supposée liée à la succursale de Bukavu, filiale du groupe Heineken.

Bahati Lukwebo rejette catégoriquement toute implication dans un quelconque projet de rachat ou de restructuration. Il parle d’accusations « fausses, infondées et malveillantes », et annonce la saisine de la justice afin que toute la lumière soit faite.

Selon lui, son nom aurait été volontairement cité dans un contexte de réorganisation stratégique d’actifs dans une zone fragilisée par l’insécurité, alimentant spéculations et interprétations politiques. Il y voit une tentative claire de ternir son image et d’affaiblir sa crédibilité auprès du Chef de l’État.

« Je préfère ne pas gagner de l’argent, perdre des biens et des postes, mais garder mon honneur et ma dignité », a-t-il martelé, dénonçant un « plan machiavélique » orchestré par certains acteurs cherchant à le discréditer.

Une défense morale et politique

Au-delà du démenti technique, le sénateur invoque un argument moral : victime déclarée des violences à l’Est, comment pourrait-il, dit-il, « composer avec ses bourreaux » ?

Cette ligne de défense vise à couper court à toute insinuation de collusion économique dans un contexte où la guerre à l’Est exacerbe les sensibilités nationales. Pour lui, l’attaque dépasse sa personne : elle touche à sa probité, à sa constance politique et à son engagement patriotique.

Rappelons qu’en fait, Heineken N.V. avait annoncé, en 2025, avoir conclu un accord pour céder sa brasserie de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour un euro symbolique à Synergy Ventures Holdings Ltd, une société mauricienne composée d’entrepreneurs expérimentés dans la région. Cette décision intervient après la perte du contrôle opérationnel du site en juin 2025. Le groupe justifie ce transfert par des raisons humanitaires : préserver les emplois, protéger les moyens de subsistance et maintenir des services communautaires essentiels, tout en assurant un retrait responsable dans un environnement sécuritaire devenu instable.

Loyauté présidentielle et clarification stratégique

Dans la foulée, Bahati Lukwebo a tenu à réaffirmer sa loyauté envers le Président Félix Tshisekedi, parlant d’« apport politique et stratégique » au sein de la majorité. Un message destiné à dissiper toute lecture de fracture interne.

Il dénonce par ailleurs la fabrication de « faux dossiers » visant à fragiliser les piliers institutionnels et à créer des tensions artificielles au sein de la coalition au pouvoir.

Diplomatie et fermeté sur la souveraineté

S’il insiste d’abord sur le dossier BRALIMA, le 2ᵉ Vice-Président du Sénat élargit son propos à la situation nationale. Il appelle à soutenir l’Accord de Washington et les initiatives diplomatiques en cours, tout en mettant en garde contre une lecture naïve des cessez-le-feu proclamés à l’Est.

Pour lui, un cessez-le-feu qui figerait les positions actuelles reviendrait à entériner une occupation de fait de certaines zones du Nord et du Sud-Kivu. Il exige l’application stricte de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment sur le retrait des forces étrangères du territoire congolais.

Au-delà de la polémique : une bataille d’image

Ce point de presse s’articule donc d’abord autour d’une dénonciation : celle d’une cabale liée au dossier BRALIMA Bukavu. Mais il révèle aussi une bataille d’image et de positionnement dans un contexte politique sensible.

En choisissant de parler publiquement, Bahati Lukwebo n’a pas seulement démenti des accusations : il a affirmé sa constance, défendu son honneur et replacé le débat sur le terrain de la souveraineté nationale et de la responsabilité politique.

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