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10 ans après, Daniel Mwana Nteba tourne la page Vital Kamerhe : « Un homme à terre »

Ancien compagnon de route de Vital Kamerhe, Daniel Mwana Nteba a annoncé avec fracas son retrait définitif de l’Union pour la Nation Congolaise et Alliés, AA/UNC. Dans une déclaration aux allures de règlement de comptes politiques, il n’a pas ménagé l’ancien président de l’Assemblée nationale, qu’il décrit comme un « homme à terre », inaccessible, coupé de ses proches et vidé de son aura politique.

« Je ne tirerai pas sur une ambulance. Mais si cette dernière veut allumer ses girophares, je la considérerai comme une cible parfaite », a lancé Daniel Mwana Nteba, ajoutant que la « culture bantoue interdit d’abattre un homme déjà à terre ». Cette métaphore illustre la perception d’un leader fragilisé, qui aurait perdu sa capacité de rassembler et de convaincre, alors qu’il fut autrefois un stratège redoutable de la scène politique congolaise.

Pour Daniel Mwana Nteba, la rupture n’est pas seulement personnelle mais idéologique. « Nous, les alliés de l’UNC, étions devenus des marchepieds », confie-t-il, dénonçant un partenariat inégal où les formations associées servaient davantage à renforcer le poids politique de Kamerhe qu’à obtenir une reconnaissance réelle. Après dix années d’attente et d’espérances, il estime n’avoir récolté que des promesses déçues et un profond désenchantement.

Cette sortie médiatique illustre plus qu’une simple divergence : elle met en lumière l’érosion de la confiance entre Kamerhe et certains de ses alliés historiques. La critique vise le style de gouvernance du leader de l’UNC, décrit comme inaccessible, solitaire et insensible aux sacrifices consentis par son entourage. À travers ce départ, c’est une part du socle politique de Kamerhe qui se fissure, posant la question de sa capacité à maintenir l’unité de son parti et à conserver son influence sur l’échiquier national.

L’homme qui fut jadis considéré par une certaine opinion qui lui est proche comme « le faiseur de roi » de la politique congolaise semble aujourd’hui à la croisée des chemins. Si son accession à la présidence de l’Assemblée nationale représentait une revanche politique après ses déboires judiciaires, les critiques de Daniel Mwana Nteba rappellent qu’une fonction institutionnelle ne suffit pas à faire oublier les frustrations accumulées chez ses compagnons. Le risque est grand de voir son leadership contesté non seulement par l’opposition mais aussi au sein de sa propre base.

En quittant l’UNC avec son parti Le Socialiste, Daniel Mwana Nteba ne se contente pas de tourner une page personnelle : il envoie un signal d’alerte. Pour lui, le temps de la patience et des promesses est révolu. Sa décision pourrait inspirer d’autres alliés déçus, accélérant l’isolement de Kamerhe dans un contexte politique où chaque soutien pèse lourd.

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