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Dany Banza, l’ami qui devient un fardeau pour Tshisekedi ?

Dany Banza n’a jamais été un acteur de la lumière. Sénateur katangais, ancien ambassadeur itinérant et stratège discret, il a pourtant joué un rôle clé dans l’ascension de Félix Tshisekedi. C’est lui qui, à l’aube du mandat présidentiel, a ouvert les portes du Katanga, terre des conglomérats miniers et des caisses pleines de devises. Sans lui, l’ancrage régional du nouveau président aurait été bien plus fragile.

Le coffre-fort du régime

Banza n’était pas qu’un facilitateur politique : il était aussi le gestionnaire de confiance. Avion privé pour transporter du cash, sociétés-écrans pour sécuriser les fonds à Monaco, négociations avec des géants comme ERG… Sa fortune, estimée à 250 millions de dollars, raconte mieux que mille discours la nature de son rôle. Pendant plusieurs années, il a incarné l’articulation parfaite entre argent, politique et pouvoir.

La ligne rouge de la Constitution

La rupture survient lorsque Tshisekedi caresse l’idée de modifier la Constitution. Banza, qui avait déjà combattu ce projet sous Kabila en rejoignant le G7, s’y oppose fermement. Pour le président, ce refus est une trahison intolérable. Dès lors, l’alliance se fissure. L’homme de confiance devient suspect. Le Katangais choisit l’exil sur la Côte d’Azur, laissant derrière lui un réseau que Kinshasa s’emploie à démanteler méthodiquement.

La purge commence avec Kamerhe

La première victime de cette recomposition du pouvoir n’est autre que Vital Kamerhe. Officiellement poursuivi pour détournement, son départ de la présidence de l’Assemblée nationale sert surtout à donner un signal : toute figure influente pouvant faire obstacle sera sacrifiée. Dans cette logique, c’est le système Banza qui est progressivement ciblé.

Un retour avorté et une humiliation

À l’été 2025, un compromis semblait possible. Banza devait retrouver une place de choix via le Sénat, en échange d’une déclaration publique d’allégeance. Mais, au dernier moment, il se ravise. Cette volte-face est vécue par Tshisekedi comme un affront personnel. Dès lors, Sama Lukonde, protégé de Banza, est fragilisé et menacé. Le président va jusqu’à envisager de placer provisoirement à la tête du Sénat le doyen Mukamba, 95 ans, afin de réduire l’influence katangaise.

La menace silencieuse

Depuis son exil, Dany Banza ne parle pas… mais il laisse planer la possibilité de le faire. Et c’est suffisant pour inquiéter Kinshasa. Car l’homme connaît tout : les valises de cash, les circuits de blanchiment, les deals miniers. Un diplomate étranger le résume sans détour : « Banza détient la mémoire financière du Katanga. S’il parle, le régime peut s’écrouler. »

Un duel aux conséquences explosives

Le face-à-face qui oppose aujourd’hui Tshisekedi et Banza dépasse la rivalité personnelle. C’est un affrontement entre un président qui cherche à verrouiller son pouvoir et un ancien allié devenu coffre-fort vivant. Dans ce jeu dangereux, le silence vaut de l’or et la parole menace d’être une bombe politique. Chaque jour qui passe entretient l’incertitude : l’exilé restera-t-il discret, ou choisira-t-il de livrer les secrets qui pourraient ébranler la République tout entière ?

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